REFLET / REFLETS - MIRAGES URBAINS

JÉRÉMY DUVAL

REFLET / REFLETS
MIRAGES URBAINS

EXPOSITION PRÉSENTÉE À LA GALERIE DE LA PREMIÈRE RUE
À BRIEY-EN-FORÊT  / DU 21 FÉVRIER AU 12 MAI 2014
« La mesure du reflet est non seulement métrique au sens spatial, mais aussi temporelle. Parce qu’il est le résultat d’une trajectoire lumineuse, le reflet porte en lui l’ombre aussi invisible qu’infinitésimale de la vitesse de la lumière. À cet égard, il n’est pas seulement l’impression sur une surface d’une matérialité, mais aussi celle d’un instant subrepticement passé, un instant-lien qui réconcilie, à travers un double mouvement, un passé perçu et un présent vécu, un trait d’union rétinien entre des dimensions géométriquement inconciliables. Alors que le reflet pourrait apparaître comme une réduction bidimensionnelle de l’objet, il le sublime en lui conférant une existence qui transcende l’espace et le temps. Il devient mémoire involontaire. Artefact parmi les artefacts, semeur de troubles, il semble doté d’une existence à part, d’une existence à mi-chemin entre le réel vécu et le réel perçu, entre l’être et la conscience d’être ». Jérémy Duval
Fondée sur une recherche originale mettant en œuvre un dispositif en miroir (flux/reflux // ombre/lumière // matière/mémoire // écart/tracé // symétrie/mouvement // etc.), l’exploration plastique conduite par Jérémy Duval questionne simultanément le « reflet » comme objet théorique abstrait (dont on découvre la complexité au travers de multiples références artistiques), et comme outil d’investigation du réel, qui nous révèle au fil de déambulations perceptives (le long d’un axe urbain nancéien) la densité sémantique de la ville. Glissant sur les parois impeccables des vitrines, le regard creuse en profondeur une spatialité étrange où les pratiques et les objets se chevauchent. « Dans cette mise en abyme de notre société, explique Jérémy Duval, de ses personnages, de ses costumes, de ses modes, de ses décors, de ses mises en scène et de ses fictions, la divine figure des mannequins est hypertrophiée. Archétypes aux regards pétrifiés, insolemment insensibles à l’impact du temps, ils s’immiscent, bien au-delà des vitrines, les enjambent, naviguant d’un espace à un autre, créant de nouveaux territoires, s’appropriant au passage des champs visuels. Tels des dieux, leur présence entêtante esquisse dans le reflet de notre existence celui de notre imagination ».
Joseph Abram, commissaire de l'exposition
Diplômé de L’ENSA-Nancy, Jérémy Duval est également titulaire d’un Master de Design (spécialité verre). Il a travaillé dans différentes agences d’architecture à Nancy, à Lyon et à Paris.