Actualité école
Tout semblait clair. Puis tout est devenu flou.
MAR. 7 AVR. / 18H

Agence d'architecture et d'urbanisme Barrault Pressacco (Paris)

La construction s'inscrit traditionnellement dans un horizon de solidité et de permanence : elle engage des dispositifs matériels destinés à assurer la structure et la stabilité du bâtiment. Tant que l'on se situe dans ce champ, dominé par des logiques statiques et mesurables, la pensée constructive peut se déployer selon un rationalisme relativement assuré. Cependant, dès que l'attention se porte vers les domaines du « second oeuvre », cet édifice de certitudes se fragilise. Les enjeux de thermique et de confort notamment introduisent des paramètres moins objectivables, qui déplacent les critères d'évaluation et interrogent les fondements mêmes de la rationalité constructive. La description et le dessin des ouvrages, comme la tentative de représenter les phénomènes physiques et sensibles qui les traversent, ne peuvent alors plus prétendre à une stricte exactitude. Ils obligent à reconnaître une part irréductible de flou et d'incertitude. À la stabilité des savoirs techniques se superpose ainsi la variabilité des perceptions et des expériences, faisant de l'architecture non plus seulement une science de la matière, mais aussi une discipline de l'interprétation.


Fondée en 2009, l'agence Barrault Pressacco organise les interactions nécessaires entre des sujets aux échelles variées afin de construire collectivement une oeuvre actuelle et engagée. Enracinée dans les fondements théoriques de la discipline tout en restant attentive aux paradigmes qui la questionnent, sa production, internationale, s'articule autour de trois grandes catégories toutes interdépendantes : l'architecture, la recherche et l'enseignement.
L'agence développe une méthode protéiforme et opportuniste, attentive aux acteurs et aux matières dans leurs dimensions culturelles, théoriques et constructives. Elle construit une méthode de production des connaissances depuis la pratique – et depuis le chantier en particulier – vers la recherche, puis vers la pratique de nouveau.
Thibaut Barrault enseigne depuis 2007 à l'ENSA Paris Est, et a obtenu un poste de Maître de Conférence titulaire en 2021. Cyril Pressacco a enseigné entre 2007 et 2020 à l'ENSA Paris Est, puis depuis 2020 à l'ENSA Normandie. Il y a obtenu un poste de Maître de Conférence titulaire en 2023.
La conscience du sol et du devenir architecture des ressources qu'il contient, l'équilibre nécessaire entre appartenance au contexte et autonomie de la forme, la mise en oeuvre des matériaux et l'ordre de leur assemblage, l'économie de moyens et le langage architectural qu'elle oblige, la nécessité du nouveau confronté au poids de l'histoire, sont certains des vecteurs de pensée qui cadrent notre pratique.




Actualité école
Les constructions paradoxales de Livio Vacchini
MER. 1er AVRIL / 18H
Architecte et théoricien


L'objectif de cette présentation est de revisiter le sens de l'oeuvre de Livio Vacchini en s'appuyant d'un côté sur la genèse des projets au travers des documents d'archives et, de l'autre, sur de nombreux témoignages de collaborateurs et collègues qui l'ont croisé. L'idée est de dégager le portrait intellectuel d'un protagoniste majeur de l'architecture du XXe siècle en l'inscrivant dans l'environnement culturel et architectural du Tessin à partir des années 1970. L'ambition est de renverser l'image monolithique de Vacchini en contrant l'idée selon laquelle ses édifices seraient, par leur aspect essentiel, voire schématique, la transcription ou la traduction d'idées ou de notions claires, ou le résultat de logiques constructives cohérentes. Les bâtiments de Vacchini apparaitront, bien au contraire comme des objets problématiques et paradoxaux dont l'évidence de la forme, telle qu'elle apparaît initialement, se dissout dès que commence l'expérience que nous en faisons.
Le livre de Paolo Amaldi édité par Mendrisio Academy Press et Caryatide et qui sera présenté lors à l'occasion de cette conférence est précédé d'une préface de Joseph Abram et d'une introduction de Nicola Navone.
Paolo Amaldi est professeur de théorie et projet à l'École nationale supérieure d'architecture Paris-Val de Seine. Il co-dirige le séminaire de doctorat « Temps et Projet », rattaché aux laboratoires de recherche EVCAU (Université Paris-Cité) et LéaV ( CY Cergy Paris Université). Il est visiting senior fellow auprès de l'Archivio del Moderno. Il a été chercheur résident invité au CCA (Centre canadien d'architecture), professeur associé à l'Udem (Université de Montréal) et professeur invité à l'Accademia di architettura de Mendrisio. Paolo Amaldi est auteur de livres et d'articles sur la pensée architecturale de la Renaissance au XXe siècle et sur les relations entre sciences et arts visuels. Parmi ses textes : Lo Sguardo che spazia (Mondadori, 2013) ; Architecture Profondeur Mouvement (Infolio, 2012) ; Espaces (La Villette, 2007). Paolo Amaldi est rédacteur en chef de la revue Faces. Il est associé du bureau Amaldi Neder, basé à Genève, dont la production, récompensée par de nombreux prix, est orientée vers les enjeux de valorisation patrimoniale en lien avec la question de l'habiter.
Actualité école
Une ville à hauteur d'enfants
MER. 4 MARS / 18h

Maître de conférences à l'Université de Lille,
Chercheur au CeRIES (Centre de recherche individus, épreuvres, sociétés).

Clément Rivière est maître de conférences en sociologie à l'Université de Lille, directeur adjoint du Centre de recherche « Individus, épreuves, sociétés » (CERIES) et corédacteur en chef de la revue Métropolitiques. Il publie en 2021 un ouvrage intitulé « Leurs enfants dans la ville. Enquête auprès de parents à Paris et à Milan » en rapport avec ce questionnement de la place de l'enfant dans nos villes.
Cette conférence est programmée dans le cadre de la présentation officielle de la collection « L'Architecture et ses mondes » dirigée par Jean-Marc Stébé et Cécile Fries aux Editions de l'Université de Lorraine (EDUL)
Conférence 2025-2026
Être architecte et s’engager : Exercer, représenter, transformer la profession
MER. 11 FEV. 2026 / 18h

Architecte - Présidente de L'Unsfa (Union des Architectes)
Conférence programmée dans le cadre de la formation HMONP.
Ouverte au public.
Exercer la profession d'architecte, c'est déjà s'engager. Mais comment passer de la pratique individuelle à l'action collective ?Pour cette conférence, Laure-Anne Geoffroy Duprez proposera un regard sur l'engagement professionnel, la force du collectif et les leviers concrets pour faire évoluer la profession en évoquant notamment les questions de genre et d'égalité professionnelle.
Architecte DPLG, diplômée de l'école d'architecture de Paris Val de Seine en 2003, Laure-Anne Geoffroy Duprez fonde avec Matthieu Geoffroy en 2006 à Reims l'Agence Geoffroy Architectes qui travaille sur des opérations de programmes et d'échelles variés pour des maitre d'ouvrages tant privés que publics.
Présidente de l'Union marnaise des Architectes en 2017 puis vice-présidente de l'Unsfa en 2018, elle occupe depuis janvier 2024 le poste de présidente de l'UNSFA, l'Union des Architectes, principale organisation représentative de la profession.
Conférence 2025-2026
Conférence + exposition
MAR. 24 MARS / 18h

Ingénieur, corédacteur du Manifeste pour la frugalité heureuse et créative, membre du bureau de l'association Frugalité heureuse
Ingénieur - architecte, membre du Bureau d'études Switch (ingénierie, environnement, énergie)
Séance de dédicaces de l'ouvrage Ventilation naturelle, guide pratique et technique (éditions Eyrolles) en présence de la Librairie Didier

logements Square Delzieux à Saint-Nazaire
Pratiquée depuis près de 3000 ans, la ventilation naturelle a disparu dans le neuf, au profit de la VMC, dans le courant des années 70. Elle n'a cessé de se développer ces dernières années. Issue des architectures vernaculaires et des savoirs traditionnels les plus anciens, elle fonctionne uniquement grâce aux forces du climat, quand la ventilation mécanique repose entièrement sur la technologie. Avec des bâtiments de plus en plus étanches, il est aujourd'hui essentiel de choisir la bonne solution pour garantir qualité d'air, confort thermique et sobriété énergétique.
Sous sa forme contemporaine, elle peut remplir deux fonctions : l'aération hygiénique et le confort d'été. Il en existe de nombreuses typologies. La plus efficace est la ventilation traversante sous l'effet du vent. La ventilation naturelle par cheminée est créée par le tirage thermique. Une variante de cette dernière est la ventilation naturelle double flux avec récupération de chaleur.
Médiathèque james Baldwin et Maison des Réfugiés à Paris
Alain Bornarel est ingénieur de l'École centrale Paris. Il fonde le bureau d'études TRIBU en 1986, spécialisé sur l'approche développement durable des projets urbains et des bâtiments. En 2018 il co-écrit avec Dominique Gauzin-Müller et Philippe Madec le manifeste pour une frugalité heureuse et créative. Il cofonde l'ICEB (Institut pour la Conception Écoresponsable du Bâti), il reçoit en 2007 la médaille d'argent de l'Académie d'Architecture.
Formé comme ingénieur-architecte, Giampiero Ripanti débute en se créant une expérience variée dans la sphère de l'architecture. Il poursuit son parcours en acquérant des compétences transversales dans l'ingénierie de la structure, de la façade et de l'environnement en phases d'études… Aujourd'hui, il met à profit ces expériences comme référent chantier «Low Tech» notamment sur la ventilation naturelle double flux.
Exposition Ventilation naturelle, respirer sans machines
DU 9 AU 24 MARS / Hall d'exposition / Ecole d'architecture de Nancy
Ventilation naturelle ou ventilation mécanique ? De nombreux systèmes existent, s'appuyant sur des technologies bien spécifiques ou sur des principes bioclimatiques. Les comparaisons en termes d'efficacité énergétique, de coût, de résilience, de maintenance ou de convivialité d'usages fluctuent à l'avantage de l'un ou de l'autre, en fonction des solutions retenues, des usages, des climats. Le débat est ouvert et les projets présentés dans cette exposition y prennent part, puisant leur inspiration dans une tradition ancestrale et expérimentant de nouveaux développements de la ventilation naturelle. L'exposition présente les projets de nombre d'acteurs de la frugalité ou qui s'en approchent : Sanchis, Pascal Gonthier, Grand Huit, Emmanuel Pezrès, Nicolas Michelin, ANMA, Dauphins architecture, Emmanuelle Patte, Inex, (apm)&associés, etc.
Brochure numérique de l'exposition Ventilation naturelle Respirer sans machines
L'exposition et la conférences sont organisées en partenariat avec le groupe de la frugalité lorraine qui propose une journée d'échanges sur le sujet de la ventilation naturelle à cette occasion.
programme et inscriptions
Visitez le site de la Frugalité heureuse et créative

Conférence 2025-2026
Architecture climatique
MAR. 6 JAN. 2026 / 18h

Architecte - Maître de conférences titulaire ENSA-Versailles
Professeur à la Haute École d'art et de design de Genève

Philippe Rahm (né en 1967) est un architecte suisse diplômé de l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne en 1993, docteur en architecture de l'Université de Paris-Saclay en 2019. Son agence d'architecture Philippe Rahm architectes est établie depuis 2008 à Paris.
> Médaille d'argent 2019 de l'Académie française d'Architecture
> Chevalier de l'Ordre du Mérite Culturel de Monaco.
Son travail qui étend le champ de l'architecture entre le physiologique et le météorologique, a acquis une audience internationale dans le contexte du développement durable. Il a donné de très nombreuses conférences sur son travail notamment à Yale, au Beijing Forum, ETH Zurich ou l'Université de Melbourne. Philippe Rahm a été résident de la Villa Medicis à Rome en 2000.
Maître de conférences à l'ENSA Versailles et professeur à la Haute École d'art et de design de Genève (HEAD – Genève, HES-SO), il est l'auteur des ouvrages « Histoire naturelle de l'architecture » aux Éditions Points, « Le Style Anthropocène » chez Head-Publishing et la monographie « Climatic architecture » publiée à chez Actar en 2023. En 2025, il est co-commissaires des biennales d'Île-de-France et de Saint-Etienne.
Repères biographiques

Actualité école
Un urbanisme radical pour une écologie profonde. Vers une culture des récits, des contre-projets, et des utopies ?
MAR. 4 NOV. / 18H

Paysagiste, urbaniste, géographe et politiste
Lauréat du Palmarès des Jeunes Urbanistes 2024
Atelier Le Vent se lève !

Dans un monde plongé dans une crise écologique systémique, la question de la place du praticien dans la société, qu'il soit architecte, paysagiste ou urbaniste, se pose. Cette recherche de sens induit de réfléchir sur plusieurs points qui touchent directement aux métiers de l'aménagement du territoire :
Le propos sera étayé par trois projets emblématiques de l'atelier.
Karim Lahiani est paysagiste, urbaniste, géographe et politiste diplômé de l'École nationale supérieure de paysage de Versailles, de l'Institut d'Urbanisme de Lyon et des Instituts d'études politiques de Paris et de Lyon. Lauréat des concours d'architecture Europan 16 et Europan 17, il fonde en 2022 son propre atelier à Toulouse, Le Vent se Lève ! qui se revendique d'une écologie profonde et radicale. Ses projets requestionnent nos pratiques d'aménagement et formulent une critique de la société thermo industrielle. Cette posture engagée se concrétise par une démarche qui replace les imaginaires et les utopies au coeur des dynamiques territoriales et des luttes écologiques, à l'image du projet Une Autre Voie, alternative à l'autoroute A69, ou des Gohards en Commun.s sur la ZAC contestée Doulon-Gohards à Nantes. Il est lauréat du Palmarès des Jeunes Urbanistes 2024, récompensé pour ces nouvelles pratiques de l'urbanisme et leur contribution au débat d'idée.

Actualité école
Il fera peut être beau demain ?
MER. 22 OCT. / 19h Métropole de Dijon

Architecte - atelier Hart Berteloot (Lille)
Maître de conférences à l'ENSAP de Lille

L'ARCHITECTURE, FACE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE
Les transformations actuelles de nos sociétés, les enjeux économiques, politiques et sociaux, la pression environnementale ou encore la mondialisation modifient profondément nos manières de comprendre, de représenter et de concevoir l'architecture aujourd'hui. Dans ce contexte d'incertitude, l'exercice du projet architectural nécessite de réinterroger nos outils, nos méthodes et nos rôles.
En tant que praticien mais aussi enseignant, Mathieu Berteloot considère l'ère de la transition comme point de départ d'une juste réflexion architecturale. Celle-ci, intègre la question de la transition écologique dans un cadre plus large, en abordant aussi bien la notion de tiers paysage que celle de tiers lieux, en explorant la question de l'hybridation programmatique ainsi que celle du commun. Et tout cela doit être mené en parallèle des transitions politiques, économiques et sociétales contemporaines.
Face au changement climatique, le projet d'architecture exige désormais une prise de position claire vis-à-vis de l'espace afin de préserver les ressources naturelles.
LES OUTILS DE LA CONCEPTION ARCHITECTURALE ET PAYSAGÈRE
Selon Mathieu Berteloot, l'enseignement de l'architecture ne vise ni le consensus ni un consentement contraint. Les projets développés par les étudiants lors de la semaine Architecture et Patrimoine à Dijon, cette année, ne chercheront pas à répondre à des attentes figées ou à des scénarios préconçus. Ils seront avant tout proactifs : des projections réfléchies d'une réalité urbaine et paysagère, servant de support à la discussion à travers une expression architecturale précise.
« Penser » le projet, c'est d'abord apprendre à maîtriser les outils de la conception. Cela passe par les moyens de représentation — le dessin à la main, le collage, la maquette — mais aussi par une compréhension fine des ressources, et de la matière.
Tout au long de cet exercice intensif, l'apprentissage de ces outils dès les premières visites de site viendra nourrir une réflexion collective. La maquette, le collage ou le croquis ne seront pas uniquement des moyens d'analyse ou d'observation ; ils sont aussi les instruments de conception.

Mathieu Berteloot est architecte DPLG, diplômé de l'École Nationale Supérieure d'Architecture et de Paysage de Lille. Après différentes expériences à Paris et en région, il co-fonde en 2010 l'atelier Hart Berteloot avec Heleen Hart. Cette collaboration fructueuse est marquée par une reconnaissance régulière, notamment en 2024 avec le prix AMO et le Prix D'Architectures 10+1 pour un petit troquet à Quesnoy-sur-Deûle, ainsi qu'en 2021 avec le Grand Prix D'Architectures 10+1 pour le pôle culturel et cinématographique de Marcq-en-Baroeul. Leur projet du conservatoire de musique et pôle culturel de Montataire a aussi été finaliste du prestigieux prix Mies Van der Rohe en 2019.
Parallèlement à sa pratique professionnelle, Mathieu Berteloot s'implique dans des projets de recherche et d'exposition, collaborant avec des figures majeures telles que Rem Koolhaas lors de « Mutations » en 2000, ou encore avec Arc en Rêve pour l'exposition « Les usages du monde » en 2021. Ces expériences nourrissent une réflexion approfondie sur la transformation des territoires habités.
Convaincu que la complexité territoriale, sociale et matérielle de ces espaces impose une approche sensible et respectueuse, Avec Heleen Hart, ils privilégient systématiquement la transformation de l'existant à la démolition. L'atelier Hart Berteloot s'est ainsi spécialisé dans la réhabilitation, la restauration, l'agrandissement, le changement d'affectation et le réemploi du déjà là. Qu'il s'agisse de bâtiments ordinaires ou monumentaux, anciens ou récents, reconnus ou anonymes, chaque construction est traitée avec une même attention rigoureuse : son histoire est minutieusement retracée, ses potentialités pour l'usage, la structure et l'écriture architecturale soigneusement évaluées.
Depuis 2009, en parallèle des projets construits, Mathieu Berteloot est maître de conférences à l'ENSAP Lille, où il co-dirige avec Véronique Patteeuw le Studio Spolia. Cet atelier de projets s'attache à explorer les enjeux de la transformation du « déjà-là » face aux défis posés par le changement climatique, poursuivant ainsi son engagement pour une architecture responsable et respectueuse des héritages.
Actualité école
Christian Devillers : le projet urbain en héritage
MAR. 14 OCT. / 18H

Architecte-urbaniste
Directeur général de l'agence D&A (Paris)

Aux origines de l'agence D&A, l'Atelier d'Urbanisme et d'Architecture fondé dans les années 60 a été un laboratoire sans équivalent : première grande agence pluridisciplinaire française, il rassemblait architectes, urbanistes, historien, paysagistes, ingénieurs, sociologues et économistes. Parmi eux, des figures comme Paul Chemetov, Bernard Huet, Michel Corajoud, Alexandre Chemetoff ou encore Henri Raymond, tous réunis dans une approche collective du projet. L'atelier incarnait un manifeste : croiser les savoirs, ouvrir l'atelier, fabriquer du commun.
Christian Devillers y est entré en 1974. Nourri d'histoire, de géographie, de sociologie et de sciences techniques, il a développé rapidement une pensée critique du projet. Contre « la posture d'architecte-artiste héritée des Beaux-Arts », il revendique celle d'un artisan de la transformation urbaine et, contre le geste isolé, il promeut la transversalité.
Élaborée par Devillers dans les années 1970 comme alternative critique à l'urbanisme réglementaire, la notion de projet urbain prend racine dans un article fondateur publié en 1976 dans L'Architecture d'Aujourd'hui (n°187) sous le pseudonyme Alfred Max. Intitulé Pour un projet de forme urbaine, ce texte ne se contente pas d'introduire un vocabulaire inédit : il inaugure une nouvelle manière de penser et de conduire la transformation des villes.
La pensée de Christian Devillers s'est construite dans une dialectique constante entre théorie et pratique. Dès les années 1970, il affirme une posture d'architecte-chercheur : ni maître d'oeuvre isolé, ni théoricien détaché du terrain, mais praticien critique, engagé dans la transformation des territoires à partir de l'observation du réel.
Le projet urbain n'est ni un dispositif figé ni une recette technique, mais une pensée vivante de la transformation des territoires, capable de composer avec les contraintes pour mieux les détourner. Réinventer le projet urbain suppose de rompre avec l'homogénéisation, tout en intégrant les logiques économiques et techniques pour mieux les infléchir. Il s'agit de passer d'une ville de modèles reproductibles à une ville habitée, conçue sur-mesure à partir de ses habitants, de ses milieux, de ses ressources et de ses savoir-faire.
La crise climatique ne fait que renforcer cette remise en question. La ville est aujourd'hui à la fois responsable de déséquilibres environnementaux majeurs et particulièrement vulnérable à leurs effets. Si le projet urbain se résume à l'artificialisation de sols vierges ou à la consommation d'espaces naturels, il ne peut qu'être décrié à juste titre. Le temps est venu de réinterroger ses finalités et ses méthodes, à l'aune des limites planétaires et de la nécessité de préserver les ressources.
Le projet urbain accompagne ces mutations : il peut être autant un outil de croissance, qu'un outil d'accompagnement de la décroissance, de régénération, d'adaptation. Il n'oppose pas l'urbain et le rural : il lie les espaces productifs, agricoles, artisanaux, logistiques, aux espaces résidentiels, de travail, de soin ou de sociabilité. Pluridisciplinaire par nature, il se nourrit de l'urbanisme, du paysage, de l'architecture, mais aussi de la sociologie, de l'économie et de la recherche.
Projet ZAC Nice Méridia - Photo : Antoine Duhamel
Sébastien Ludwig est architecte-urbaniste et Directeur Général de l'agence D&A (Devillers & Associés). Ancien élève de l'école nationale supérieure d'architecture de Nancy, il y a été formé au début des années 2000 au projet urbain par André Vaxelaire et Marc Verdier, dans une école où enseignait également Christian Devillers, fondateur de l'agence et théoricien de ce concept.
Architecte diplômé d'état en 2008 puis HMONP en 2012, il a débuté sa carrière à Amsterdam, avant de rejoindre Paris et l'agence Philipon-Kalt, où il a travaillé sur l'écoquartier fluvial de l'Île Saint-Denis, devenu en 2024 le Village des athlètes des Jeux de Paris 2024.
Directeur du pôle Ville et Territoire de 2020 à 2025, il a développé une approche exigeante où urbanisme, architecture et paysage s'articulent étroitement, avec une attention particulière portée à la qualité des usages, des ambiances et de la vie quotidienne. Associé depuis 2019, il est aujourd'hui directeur général de l'agence, assurant la continuité de l'héritage intellectuel et méthodologique de Christian Devillers tout en accompagnant les mutations contemporaines de la fabrique urbaine.
Actualité école
L’architecture ou l’art de transformer le réel
MAR. 7 OCT. / 18H

Architecte-urbaniste
Professeur à l'école nationale supérieure d'architecture de Paris-Belleville
Grand Prix National d'Architecture 2022

La transformation demeure un acte de foi en l'avenir. Elle offre la possibilité d'une création architecturale, urbaine et paysagère unique parce que partant d'un substrat spécifique, mémoire matérielle et immatérielle des lieux formant l'essence même du renouvellement d'un site. Œuvre unique et oeuvre ouverte à la fois, fruit d'auteurs successifs, que les usages revisitent sans cesse.
Philippe Prost est architecte-urbaniste et enseigne à l'école nationale supérieure d'architecture de Paris-Belleville. Penseur de la transformation de l'existant il est lauréat du Grand Prix National de l'Architecture en 2022 récompensant ses réalisations qui témoignent de l'alliance entre patrimoine et
Parmi ses réalisations on peut citer : le Mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette, l'Anneau de la Mémoire (2014), la cité des Électriciens à Bruay-la- Buissière (2017), la Monnaie de Paris (2017), l'intervention de mise en valeur et réhabilitation de la citadelle de Belle-Île-en-Mer (1991-2006). Il mène actuellement le projet de réaménagement du Port Vauban d'Antibes et à remporter en 2025 le concours pour l'aménagement de la place de la Concorde à Paris.
Auteur de nombreux articles et ouvrages notamment sur l'architecture de guerre dont Vauban, le style de l'intelligence, Une oeuvre source pour l'architecture contemporaine, Prix du livre d'Architecture de l'Académie d'Architecture en 2008 et Par art et par nature, architectures de guerre aux Editions les Édifiantes en 2019.
Une monographie La mémoire vive aux éditions Norma lui a été consacrée en 2025 à l'occasion de l'exposition à la Cité de l'architecture et du patrimoine.
Actualité école
Le dessin comme pensée dépliée
VEN. 19 SEPT. / 16h30

Peintre, graveur et dessinateur
Enseignant à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris
Maitre de conférences ATR à l'Ecole d'Architecture de Paris-Belleville
Membre du collectif La main de L'Architecte.
"Les carnets de dessin sont mes moissons du réel, ce sont aussi des champs où la pensée s'articule et se déploie, avec ses hypothèses et ses ratures.Ouvrir ces carnets, où s'agencent les préambules et les alternatives de mes peintures, c'est redécouvrir leurs matrices et leurs espoirs.
Parfois la page s'émancipe, elle se détache de son intention (de son dessein) et le dessin de son motif, ouvrant d'autres perspectives. Parfois l'accident, heureux ou malheureux, la dévie de sa trajectoire, parfois elle échoue. Les carnets sont aussi des ressources pédagogiques, des terrains d'essais, des mises au clair de problèmes de représentation, de cadrages, devenus trop épineux. Ce sont aussi des refuges où la réflexion s'élabore, où la décision se mûrit, où le réel devient intelligible."
Diplomé de l'école des Beaux-Arts de Rouen, Prix de la Villa Médicis Hors les Murs, Gilles Marrey expose régulièrement en France et aux États Unis depuis une trentaine d'années en galeries et en institutions. Dernière exposition « Constellation » à Paris en Avril 2025 à l'espace Commines et la prochaine au Fall Show de San Francisco en octobre 2025.
Après un rapide survol de son parcours et de son travail, Gilles Marrey présentera quelques uns de ses carnets, les corrélera avec leurs contextes et leurs sources et tissera des liens entre sa pratique et son expérience de la transmission du dessin. La conférence se terminera par une démonstration participative : apportez vos carnets !
Dessin de Jacques Bernard - artiste peintre


Conférence 2025-2026
Édifier une architecture terrestre. De la main à la matérialité
JEU. 2 OCT. / 18h30

Chevalier des Arts et des Lettres 2017
Global Award for sustainable achitecture 2025
Grande médaille d'or de l'Académie d'Architecture 2024

Aujourd'hui, l'effritement des pratiques constructives est bien là.
L'anonymisation de la fabrique de la quotidienneté dans les sociétés industrialisées est à l'oeuvre, dans les usages et procédés constructifs, même «durables» ou issus de la «nature». Et pourtant, des gestes édificateurs persistent et peuvent se maintenir parfois au profit d'une juste mesure qui n'oublie pas de veiller sur les vivants, nos alliés.
Dans son ouvrage manifeste, Architectures du bien commun, éthique pour une préservation, (Genève : Métis presses, 2025 seconde édition), Salima Naji défend une architecture à dimension humaine, innovante et respectueuse des écosystèmes. Architecte DPLG (École nationale supérieure d'architecture de Paris-La-Villette), Salima Naji ancre l'architecture dans la matérialité des territoires, pour de grands projets portés par le gouvernement marocain, la revitalisation du Ksar d'Assa (2005-2011) ou encore la régénération de la forteresse d'Agadir (2017-2022), comme pour des projets plus modestes conçus souvent avec les communautés dans l'arrière-pays.
Sa pratique est doublée d'une activité scientifique dans de nombreux programmes de recherche-action internationaux qui interrogent la durabilité et la relation profonde entre les sociétés et leur environnement. Sa thèse de doctorat en anthropologie sociale (École des hautes études en sciences sociales à Paris) a pour objet une réflexion sur l'héritage de l'institution des greniers collectifs et vient compléter une formation Beaux-Arts et un troisième cycle en Arts, Esthétique et technologies de l'image à Paris 8. Salima Naji est membre du comité scientifique du Musée berbère du Jardin Majorelle depuis sa création en 2011 dont elle a notamment conduit la section d'architecture mais également plus récemment, le commissariat d'une exposition de synthèse au Mucem de Marseille.
Salima Naji compte parmi les 100 women architects in practice repérées par le RIBA (Royal Institute of British Architects) en 2023 ainsi que tout dernièrement avec The Bloomsbury Global Encyclopedia of Women in Architecture (1960–2020) paru en 2025.
Présentation du projet lauréat de Salima Naji : Centre d'Interprétation du Patrimoine de Tiznit, rénovée contient un théâtre en plein air, achevé en 2008, ainsi que le Centre d'Interprétation du Patrimoine, constitué d'une structure en béton et de murs en terre.