le projet de l'école

le projet de l'école

Les clefs de l'école

De la diversité des exercices
de l'architecte
à l'interdisciplinarité

De l'ancrage territorial
au projet situé

L'histoire et les ressources
comme repères
pour l'architecture de demain
Projet d'école



 

Valeurs et engagements de l'école d'architecture de Nancy


Préalable : une école dans le dialogue, un cursus ouvrant à la diversité des exercices de l'architecte et à l'interdisciplinarité
Le dialogue au sein de l'école doit être avant tout à l'attention des étudiantes et étudiants, afin de leur donner le meilleur cadre possible pour leurs apprentissages, et pour cela répondre à leurs attentes de façon prioritaire et effective tout au long de leur cursus. Si l'enseignement et la recherche sont bien sûr les principales activités de l'école, les actions des personnels de l'ensemble des services administratifs et techniques, fonctions supports, sont essentielles au bon fonctionnement de l'école. C'est dans un climat de confiance et un respect mutuel que les communautés peuvent oeuvrer au service de l'intérêt général de l'école. Chaque service est chargé de répondre de manière réactive aux besoins dans un souci de service de qualité auprès de tous les publics. La bonne connaissance du rôle et des missions des instances est aussi un préalable indispensable.
Ce dialogue doit être exemplaire de façon à transmettre l'ouverture et la capacité de l'architecte à solliciter une large palette de compétences. L'enseignement du projet d'architecture et d'urbanisme se situe au coeur de la formation, garantissant une capacité à coordonner et convoquer tous les savoirs et savoir-faire connexes et nécessaires à la construction du projet, des sciences dures à la philosophie, du détail technique au vivant, etc. Cet apprentissage de l'interdisciplinarité doit se faire en liens étroits avec la profession, se nourrir des indicateurs de l'insertion professionnelle et donner les outils pour répondre aux demandes évolutives du monde professionnel, voire accompagner et anticiper ses évolutions.


Ouvrir l'école à des profils d'étudiantes et étudiants variés et complémentaires, motivés par le travail en équipe, nous semble constituer un enrichissement mutuel et particulièrement formateur pour un futur cadre professionnel interdisciplinaire et auprès de tous les publics. Il s'agit de valoriser la diversité des points de vue, d'ouvrir aux différents parcours et compétences à mobiliser. Cela comprend dès lors la volonté d'encourager le recrutement des étudiants étrangers. Au lieu d'établir une forme de concurrence entre les étudiants, c'est bien la solidarité qui doit être récompensée. L'objectif est de permettre à tous les étudiants de voir aboutir leur projet professionnel, de devenir architecte praticien mais aussi d'accompagner les étudiants désireux de poursuivre d'autres parcours universitaires et professionnels et ce, dès le premier cycle. Le projet en architecture est un exercice nouveau pour la plupart des lycéens et lycéennes ou étudiants entrants, ce qui nécessite de la créativité, une maturation ou un apprentissage particulier suivant les profils. L'école doit accompagner ce cheminement personnel de compétences à acquérir.
Enfin, il est important que les étudiants puissent être acteurs de leur formation. Pour cela, l'engagement au sein même des instances est encouragé et la parole des étudiants y est précieuse pour faire évoluer les conditions de vie étudiante, de la formation et de la recherche. Cet engagement peut prendre des formes multiples et propres à chacun. L'école encourage également la vie associative, source d'épanouissement complémentaire à celle de la formation qui contribue à développer le sentiment d'appartenance des étudiantes et des étudiants à leur établissement. Les actions de solidarité doivent représenter un marqueur fort de l'école. Les étudiantes et étudiants doivent trouver le juste équilibre entre leurs études et leurs engagements personnels, les uns nourrissant les autres.




 

1. Engagement dans un monde de transitions


Face à l'urgence climatique et à la crise sanitaire qui marquent profondément les jeunes générations, l'ambition de l'école est de leur permettre de situer leur engagement - souvent déjà très ancré en tant que futur professionnel de l'architecture au service de l'aménagement de nos territoires - afin de participer à un monde soutenable, durable et solidaire. Cette responsabilité sociétale n'est pas une contrainte, mais bien une stimulation supplémentaire à la créativité, au dialogue et à la médiation.
 

Transition voire bouleversement écologique

Ce n'est pas une option mais bien une thématique transversale abordée dans tous les enseignements, en particulier dans le projet d'architecture et d'urbanisme qui se nourrit de toutes les disciplines, telles que les sciences humaines et sociales, les arts, l'histoire, la construction, l'écologie, le numérique, etc. La gestion raisonnée est en question puisque la construction est un domaine très consommateur qui nécessite de véritables efforts. Cela implique une bonne connaissance des ressources propres à un territoire, son artisanat, jusqu'à l'économie du foncier et la préservation des paysages, urbains agricoles et naturels. Si le patrimoine a longtemps été une discipline presque distincte dans une volonté de transmission de l'histoire et des savoir-faire, il apparaît aujourd'hui indispensable d'interroger systématiquement l'acte de construire au regard de l'existant dans une logique de réutilisation, de recyclage et de réemploi. Dans cette perspective, les ressources locales, les milieux vivants et les paysages au-delà des frontières administratives sont incontournables pour nourrir le projet.
 

Transition sociétale

Il s'agit de porter l'engagement et de nouvelles solidarités citoyennes vers des modes de vie plus responsables et respectueux de la planète, de porter les valeurs de respect, d'écoute, et d'ouverture à la différence. Ces valeurs sont portées par toutes les communautés de l'école, nourrissent les enseignements et contribuent à construire une philosophie de projet. Ces solidarités induisent une attention particulière à porter aux étudiants étrangers dont le déracinement peut être difficile à vivre, aux étudiants ayant des aménagements particuliers liés à leur capacité à suivre un cursus sportif ou artistique en parallèle, ou liés à leur santé ou à leur situation de handicap. L'école est également engagée pour respecter et faire respecter l'égalité entre les femmes, les hommes et transgenres, en prévenant toutes formes de violences et de discriminations, via des actions de communication et de formation.
 

Transition sanitaire

La crise a révélé à quel point la perception des espaces, la qualité de la lumière, de l'air, les ambiances sonores ou colorées, les liens avec l'extérieur sont porteurs d'apaisement ou au contraire engendrent un mal-être. Pour l'architecte, il est primordial de construire au service des usagers dont il doit comprendre les besoins, les modes de vie ou de travail, tout en anticipant les évolutions possibles. La question du vieillissement et, indirectement, de la solidarité intergénérationnelle sont autant d'enjeux qui permettent de concevoir des espaces adaptés et de qualité sortant de la banalisation. Architecture et santé est une thématique que l'école abordait déjà avant la crise sanitaire et qui fait d'autant plus écho aujourd'hui.
 

Transition numérique

La question du numérique dans le monde de l'architecte a largement été débattue dans les dernières décennies, entre questionnement et regard méfiant envers des outils souvent empruntés au domaine de l'industrie manufacturière. Prendre position implique une culture solide du domaine. Dans un contexte d'urgence environnementale, l'intégration de ces savoirs est incontournable et suppose l'émergence de nouvelles stratégies de collaborations intermétiers auxquelles des outils numériques de type BIM servent de support pour l'analyse et l'échange d'informations.
 

Quelle transition pour la représentation ?

L'une des particularités de l'école d'architecture de Nancy est à la fois de répondre aux enjeux de la transition numérique tout en conservant une place importante aux arts plastiques et visuels tous médium, et ce tout au long du cursus, comme un langage partagé par tous et un formidable outil de fabrication du projet architectural. Si ces moyens d'expression et de conception sont primordiaux à acquérir au plus vite et dès le début de la formation, ils doivent rester des aptitudes et des compétences à développer jusque dans la pratique professionnelle. Il s'agit de donner les moyens de choisir le bon outil de création et représentation à chaque étape du projet, voire de combiner les techniques (digitale, analogique).

 

2. Ancrage aux territoires (du Grand Est à l'international) : former au projet d'architecture situé


Cet ancrage est présent dès la création de l'école d'architecture de Nancy. Elle assume son histoire et la poursuit : de l'école des Beaux-Arts, en passant par le mouvement tessinois et le rationalisme d'après-guerre de Jean Prouvé, jusqu'aux mouvements frugaux d'aujourd'hui et de demain. Cette dualité ou hétérogénéité de son histoire, entre un héritage moderniste et une ambition pionnière vers la frugalité innovante, nourrit un débat ouvert et constructif.
L'école porte ensuite cette valeur disciplinaire et idéologique regroupant la très grande majorité des enseignants de l'école qui défendent une vision située du projet d'architecture : qu'ils parlent de « contextualisme », de régionalisme critique, de territorialisme, de frugalité ou juste d'insertion urbaine ou paysagère, tous les enseignants pensent et parlent de façon située, tout en transmettant des nuances de postures qui suscitent une richesse de débat.
Le Grand Est est un territoire privilégié pour expérimenter l'exercice du projet à toutes les échelles, dans un contexte aussi bien métropolitain que rural, où les acteurs sont ouverts et très demandeurs d'expertise pour nourrir leurs réflexions prospectives. Par ailleurs, l'école se situe dans une position intéressante entre Paris et Strasbourg et occupe une place idéale pour rayonner en Bourgogne-Franche-Comté, à l'ouest du Grand Est en Champagne-Ardenne Ardenne et au Luxembourg, ces territoires ne bénéficiant pas d'écoles d'architecture. La diffusion de travaux des étudiants y est très attendue.
Les acteurs locaux sont très demandeurs de médiation pour diffuser la culture architecturale, urbaine, paysagère et la sensibilité aux enjeux de l'aménagement du territoire à un large public. La proximité avec les élus, les habitants, les acteurs du territoire incite à réinterroger et répondre aux besoins du terrain pour ainsi donner sens à la démarche enseignée et initier concrètement aux pratiques professionnelles. Elle favorise également une pensée intégratrice du projet, de l'échelle paysagère et urbaine jusqu'aux enjeux du bâti et de la construction (ressources, filières locales, savoir-faire).
Si cet ancrage local est un axe structurant pour l'école, l'objectif de s'ouvrir largement au territoire national et international prend tout son sens alors que les étudiants sont encouragés à comprendre les caractéristiques de leur environnement proche pour toujours concevoir une architecture située. Accueillir les étudiants étrangers est également une priorité et une ouverture que l'école souhaite leur offrir et qu'ils lui offrent. Valoriser leur territoire d'origine est déjà en soi source d'inspiration et d'échanges et suscite l'intérêt des étudiants de l'école pour qu'ils se projettent vers une expérience à l'international.
Les partenariats de l'école sont pleinement adossés aux valeurs et thématiques portées par l'établissement, comme la ruralité, le patrimoine et les matériaux bio-sourcés, en particulier le bois. Ils ne sont pas le résultat d'opportunités mais bien d'une volonté de partage de valeurs tout en autorisant une ouverture très large vers des cultures différentes. Les voyages font d'ailleurs partie intégrante de la pédagogie et sont organisés pour leur inspiration vertueuse, et conforter les échanges mutuels avec nos partenaires privilégiés.
 

3. Enseignements, recherche et activités professionnelles, fondements et liens : entre héritages et mutations contemporaines


Recherche : territorialiser, localiser, sourcer, contextualiser, « filiériser »

L'enjeu qui est aussi une richesse pour l'école consiste à relier aussi bien les travaux du laboratoire d'histoire de l'architecture contemporaine (LHAC) que ceux du centre de recherche en architecture et en ingénierie (MAP-CRAI ) au service des innovations numériques et de la modélisation, autant les enseignements patrimoniaux que les questionnements sur le devenir contemporain de l'existant..., une façon d'interagir entre patrimoine et mutations contemporaines en faveur d'une recherche croisée entre transversalité des sciences, histoire, humanités, arts et innovations techniques et numériques. Cette porosité est aussi encouragée entre les enseignements pratiques et théoriques.
Les deux chaires partenariales, « Architecture et construction bois ; du patrimoine au numérique » et « Nouvelles ruralités, architecture et milieux vivants » illustrent les engagements et les thématiques privilégiés de l'école. Les éco-matériaux ou matériaux locaux, bio-sourcés et géo-sourcés sont étudiés, projetés et mis en oeuvre lors des enseignements de projet, des semaines thématiques, des enseignements spécialisés de master. Les enjeux de la ruralité sont présents dans nombre d'enseignements des deux cycles. Ils questionnent les paysages, les centre-bourgs, les modes d'habiter et le développement urbain face à la nécessité de préserver les territoires agricoles qui nous nourrissent.
 

Enseignements : manipuler, expérimenter, oser, fabriquer, réaliser : maitriser les échelles, convoquer toutes les disciplines nécessaires à l'exercice du projet d'architecture

L'école s'engage pour la rédaction d'un programme pédagogique coordonné, efficient et partagé. La pédagogie fondée sur l'approche par compétences mise en oeuvre en 1er cycle est un marqueur de cet engagement. Elle amène les étudiants à se situer quant aux savoirs et savoir-faire à acquérir, les parcours des lycéens et des étudiants ayant déjà suivi une formation dans le supérieur étant très variés. Le 1er cycle permet d'acquérir un socle de connaissances et d'outils « généraux » et indispensables aux métiers de l'architecte mais avec déjà une ouverture vers la diversité des pratiques professionnelles et la recherche, notamment via le questionnement que peut soulever le mémoire de fin de 1er cycle.
Le 2e cycle conduit à orienter son parcours d'études vers des compétences plus spécifiques et personnalisées. L'école d'architecture de Nancy propose un choix dans différents domaines, qui demande aux étudiants de réfléchir et de construire leur propre projet de formation, en assurant malgré tout une continuité des acquis et spécificités. Les domaines s'appuient sur les axes de recherche structurant les deux laboratoires et sont questionnés régulièrement au regard de l'actualité, voire sont prospectifs. Cette exigence nécessite une parfaite communication des domaines proposés à l'école. En fin de 2e cycle, il est possible de s'engager dans la recherche. Mené au sein d'une des deux unités de recherche de l'école, le doctorat peut être l'approfondissement d'un projet et d'un sujet déjà mûri pendant la dernière année du 2e cycle. Les laboratoires accueillent également des doctorants qui parfois proposent des sujets qui s'inscrivent dans leurs axes thématiques de recherche et qui répondent aux enjeux de la pratique professionnelle et de leurs évolutions.
 

Les domaines d'études :

  • Architecture, ingénierie et environnement (AIE), développe une méthodologie de projet et une culture constructive au travers d'enseignements spécifiques adaptés aux enjeux contemporains liés à l'environnement,
  • Architecture, ville et territoires (AVT), enrichit les compétences en termes à la fois théoriques et pratiques. Il s'appuie sur un parcours pédagogique structuré à partir d'enseignements fondamentaux pour acquérir une culture urbaine et territoriale et des compétences de projet,
  • Architecture, théorie et critique (ATC), offre les ressources nécessaires au développement d'une réflexion et d'une pratique de l'architecture à travers l'accès à un corpus de références à la fois propres aux fondements théoriques et critiques de l'architecture et ouvertes aux disciplines qui leur sont traditionnellement liées,
  • Architecture, histoire et patrimoine (AHP), renforce les connaissances et les compétences afin de préparer à la rédaction d'un mémoire et à la conception d'un projet de fin d'études portant sur les problématiques d'interventions sur l'existant, qu'il s'agisse d'un patrimoine historique ou contemporain.
 

Insertion professionnelle : persuader, convaincre, communiquer, porter la « rhétorique »

La formation est à l'écoute des évolutions, des besoins de la profession, voire les anticipe. L'école encourage les étudiants à porter leur propre projet en termes d'innovation et d'exercices diversifiés de la profession. Cette approche personnelle s'ancre dans la profession tout au long du cursus, notamment grâce aux stages pratiques qui ponctuent régulièrement le calendrier pédagogique. Le cycle d'habilitation à la maîtrise d'oeuvre en son nom propre (HMONP) complète la formation initiale pour que les jeunes architectes concrétisent leur engagement, la création de leur structure ou d'autres projets professionnels. Le développement de l'apprentissage est encore récent à l'école d'architecture de Nancy mais montre déjà tout son intérêt dans le cadre des masters spécialisés. L'école a l'ambition de le conforter et de l'élargir pour créer une interaction encore plus étroite, aussi bien avec les agences d'architecture que les entreprises ou collectivités territoriales qui souhaitent participer à la formation et employer des architectes.
L'enjeu est également d'ouvrir la recherche aux professionnels par la mise en oeuvre de dispositifs de sensibilisation en étant attentifs et au service des évolutions socio-économiques. Nos chaires de recherche ont pleinement un rôle à jouer dans cette articulation. Enfin, la formation est une nécessité tout au long de la vie professionnelle et si les écoles d'architecture ne sont pas encore structurées pour proposer une offre de formation continue étoffée, elles doivent porter cet objectif essentiel au service de l'enseignement et de la profession.

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