Cette thèse interroge les conditions d'émergence et de légitimation de la recherche en architecture, en croisant l'analyse des politiques publiques, des dynamiques professionnelles et des pratiques en agence. Alors que la recherche est investie de nombreuses attentes, notamment en matière d'innovation, elle demeure une notion floue et disputée, particulièrement dans les discours institutionnels. L'enquête met en lumière les tensions entre les différentes formes de légitimité (professionnelle, académique, disciplinaire) et les normes hétérogènes imposées par les sphères publique et industrielle. À travers l'étude de dispositifs publics, de cadres épistémologiques et de pratiques concrètes en agence — notamment via les doctorats CIFRE, les appels à projets ou les collaborations scientifiques — la thèse éclaire les modalités pratiques de la recherche, ses obstacles et ses leviers. Elle propose ainsi une lecture critique des relations entre État et profession, en documentant les mutations de la recherche et de ses formes d'intégration dans les agences d'architecture.