Conférence Patrick Henry

Vers une trajectoire intractiviste des territoires :
refonder la pratique architecturale et urbaine à partir de l'agentivité des sols

Patrick Henry

Architecte, urbaniste, fondateur de l'agence Pratiques urbaines
Professeur à l'ENSA de Paris-Belleville directeur du DSA Architecture des territoires (mention projet urbain) et co-directeur de l'unité de recherche IPRAUS 

Mardi 17 NOVEMBRE 2026 / 18h
 
Patrick
Crédit photo « 26 mai 2021, période de couvre-feu à Paris » © Anne-Marie Filaire

En France, l'artificialisation progresse quatre fois plus vite que la population. Malgré la loi Climat et résilience et l'objectif de zéro artificialisation nette, la trajectoire s'infléchit à peine. Cet écart ne tient pas seulement à un défaut de régulation. Il révèle une crise de paradigme : celle d'un modèle extractiviste qui traite le sol comme une surface, un support et un stock à exploiter.

Cette intervention propose d'inverser l'ordre de la décision. À partir du concept d'intra-action de Karen Barad, nous proposons de définir une trajectoire intractiviste qui reconnaît aux sols une capacité d'agir. Ils ne sont plus le fond sur lequel s'inscrit le projet, mais la figure à partir de laquelle il se constitue.
Le conférence de Patrck Henry s'appuiera sur un corpus d'opérations de sobriété foncière, de recherches et d'enseignements du projet ainsi que de retours de terrains. Matière à discussion, ils en proposent des conséquences pour la pratique, l'enseignement et la gouvernance : connaître et représenter les sols avant d'intervenir, mobiliser les savoirs situés et faire des sols un commun politique.

Patrick
« Du programme au site et du site au projet » © Patrick Henry

Patrick Patrick Henry est architecte, urbaniste et professeur à l'ENSA de Paris-Belleville, où il dirige le DSA Architecture des territoires (mention projet urbain) et codirige l'unité de recherche IPRAUS. En 2016, il fonde son agence Pratiques urbaines, consacrée aux stratégies de transformation territoriale, de l'échelle du territoire à celle de la parcelle, en identifiant les leviers déclencheurs de projets.
Sa recherche part des sols, compris comme épaisseur physique et milieu vivant, pour interroger la manière dont la sobriété — foncière, matérielle, énergétique, opérationnelle — redéfinit les cadres et finalités du projet urbano-architectural. Loin d'une contrainte, il en fait un opérateur de déplacement des paradigmes dominants : accepter l'incertitude, le temps long et l'inachèvement, s'intéresser aux « conditions du projet » autant qu'à son élaboration, et penser le projet comme processus ouvert, évolutif et situé. Cette approche valorise le réinvestissement de l'existant — bâti ordinaire, friches, territoires en devenir — et une culture constructive attentive aux ressources et aux modes de transformation.
Cette posture l'a conduit à rejoindre, puis présider depuis mai 2026, le LIFTI (laboratoire d'initiatives foncières et territoriales innovantes). Auteur de nombreux articles (Criticat, AMC, d'A, Urbanisme, Annales des Mines, AOC…), il a publié notamment Des tracés aux traces. Pour un urbanisme des sols (Apogée, 2023) et L'horizon commun : explorer les potentiels de la sobriété foncière (dixit.net, 2025). Il est enfin commissaire scientifique de l'exposition itinérante « Des solutions sur mesure », qu'il accompagne dans les territoires d'accueil en dialogue avec les acteurs locaux.